Présentation générale

Le centre de recherche Études littéraires, philologiques et textuelles appréhende les textes comme des objets complexes et étudie le « littéraire » dans son acception la plus large, selon des approches caractérisées par leur dimension comparatiste et pluridisciplinaire. En s’attachant à l’explicitation de textes et à leur contexte de production, elle aborde les domaines traditionnels de l’étude de la langue et de la matérialité du texte mais elle s’ouvre également au renouvellement des disciplines des sciences humaines. Elle apporte de cette façon sa contribution à l’histoire des représentations et aux théories de la culture.

The research group “Literary, Philological and Textual Studies” regards texts as complex, multidimensional objects and examines literary phenomena in the broadest sense from both a comparative and an interdisciplinary perspective. This group seeks to bring to light the meanings of texts and the context of their production. As a result, it encompasses already established fields of study concerned with language and the materiality of texts but also embraces the new disciplines and approaches of the humanities. In this way, it contributes to the fields of cultural theory and the history of
representations.

Dernières actualités

Colloque international

Appel à communication

 

Marie-Adélaïde de Savoie,

duchesse Bourgogne (1685-1712),

enfant terrible de Versailles.

 

 

 

            En octobre 1696 s’ébranle depuis Turin le cortège qui conduira Marie-Adélaïde de Savoie à Versailles. Le contrat de mariage qui la lie désormais – et après maintes tractations – au duc de Bourgogne, petit-fils de Louis xiv, l’oblige de renoncer à la succession du duché de Savoie et scellera, quelques mois plus tard, le sort de l’Europe par la paix de Ryswick.

Par son extraversion, son naturel et sa simplicité, la jeune duchesse s’apprête à bouleverser l’étiquette de la cour de France, hantée par la silhouette de Mme de Maintenon et confite dans les dévotions. Se livrant à une véritable entreprise de séduction auprès du « vieux roi » et de son épouse morganatique, elle devient rapidement la coqueluche de Versailles. Son caractère tempère la religiosité morose de son mari, sa gaieté galvanise autour d’elle artistes et littérateurs, son entrain et sa désinvolture incitent à multiplier les fêtes, les bals, les jeux, les représentations théâtrales, les loteries de chinoiseries…

Parmi les surenchères des carnavals qui se succèdent, l’idolâtrie dont la duchesse devient rapidement l’objet incite à confondre sans cesse le merveilleux des représentations qu’elle suscite avec les habitudes mondaines de la cour. L’abbé de Choisy opte résolument pour la fiction à clés lorsqu’il s’agit pour lui de peindre ses « glorieuses entrées » dans le royaume et son éducation novatrice par le « jeu du roman » (Histoires de piété et de morale). Les conteuses (Mme d’Aulnoy, Mlle de la Force, …) déploient des trésors d’inventions et de rococo afin de satisfaire l’imagination d’une fillette de douze ans et de renvoyer à la cour l’expression satisfaite de sa propre splendeur. Comme ses maîtres à danser (Raynal, Pécour) et à chanter (Matho) lorsqu’ils tablent sur sa jeunesse et sa frivolité, les auteurs espèrent en retour profiter des mannes du mécénat royal. Les traductions des Milles et une nuits, que rédige patiemment Antoine Galland, ne seront pas moins sensibles à l’atmosphère de la maison de Bourgogne.

Le goût de la duchesse est éclectique. Elle aime la danse, le ballet-mascarade, le théâtre dramatique ou lyrique et réquisitionne tous les talents pour le satisfaire et animer les soirées de Versailles, de Marly ou de Fontainebleau. Si la duchesse aime voir jouer les comédies de Molière et de Corneille, les tragédies bibliques de Racine, de Duché ou de Duchêne, elle aime aussi à faire danser et jouer Marie-Thérèse de Subligny, Mlle Casse ou Claude Ballon qui donnent vie à L’Europe galante de Campra, ou, dans les costumes de Jean Bérain, à La comédie des fées de Dancourt. À l’Opéra de Paris, le duc et la duchesse de Bourgogne s’enthousiasment pour Marthésie, reine des Amazones d’André-Cardinal Destouches. En 1700, ils dictent à André Danican Philidor la mascarade du Roi de la Chine à laquelle le jésuite Lecomte, rentré de mission, est prié de collaborer pour l’établissement des costumes, tandis que François Dumoulin agite l’assemblée de Marly d’une danse grotesque de pagode. Les mascarades des Amazones, des Savoyards, de La noce de village rivalisent avec Athalie et Les précieuses ridicules, avec les représentations de L’Andrienne de Baron d’après Térence, avec l’Omphale de Destouches qu’interprète Mlle Maupin à Trianon…

Pour loger la duchesse, Louis xiv fait réaménager les appartements du château. Pour plaire à la femme-enfant, le roi oblige Mansart à redessiner sa ménagerie de Versailles. Aussi, dans le sillage de Marie-Adélaïde, est-ce tout un mécénat qui renaît, une cour qui sort de sa torpeur durant une époque charnière qui relie les splendeurs éteintes de la cour du roi-soleil aux excès de la Régence, puis de Louis xv. L’écart entre la génération du roi et celle des jeunes ducs se creuse perceptiblement ; la cour mise à l’enseigne de la dévotion cède à nouveau à l’attrait des plaisirs et des divertissements dispendieux dans une oscillation du goût qui ne désavoue pas tout à fait les divertissements anciens mais qui ne néglige pas pour autant les talents qui animeront notamment, un peu plus tard, les grandes nuits de Sceaux – tels le cardinal de Polignac, Malézieu ou Genest.

L’historiographie contemporaine est pourtant restée étonnamment muette sur le climat de la cour entre 1696 et 1712. Nul doute que la disparition prématurée, entre 1711 et 1712, du grand dauphin, de la duchesse de Bourgogne, du petit-fils du roi et de leur fils le duc de Bretagne n’ait encouragé ce silence. La brièveté de l’existence des héritiers du trône ne suffit pas toutefois à occulter l’intensité d’une vie curiale qui, outre la revitalisation du mécénat littéraire et artistique, connaît une vague de réformes sans précédents. Dans l’ombre du Petit Concile de Bossuet, Fénelon, Claude Fleury et l’abbé Langeron espèrent enfin concrétiser le renouveau pédagogique qui touche tous les préceptorats des princes mais qui se nourrit surtout des espoirs que donnent les tangibles transformations du duc de Bourgogne. La critique n’a pas évalué à ce jour les retombées de cette pédagogie – qui, fait remarquable, entendait bien s’étendre aux femmes – sur l’éducation de la duchesse. Les écrits de Choisy ou de Genest sur l’apprentissage de l’histoire, de la géographie et de la politique, offerts à Marie-Adélaïde, par exemple, sont restés lettres mortes. L’influence des pédagogues sur Saint-Cyr, où séjourne régulièrement la duchesse, est encore largement méconnue, tout comme leur influence sur la sœur de la duchesse, Marie-Louise de Savoie, et son époux Philippe d’Anjou, héritier du trône d’Espagne.

L’histoire a préféré stigmatiser l’incurie d’une jeune-femme – paresseuse d’esprit, remuante de corps – dont les efforts n’ont pourtant eu de cesse d’attirer l’attention du « clan des ducs » (Chevreuse, Beauvillier, Saint-Simon). L’époque des intrigues galantes avec Nangis, Maulévrier ou Polignac révolue, l’accumulation des manœuvres politiques et la succession des déboires militaires du duc de Bourgogne ont forcé la duchesse à prendre sa place à la cour et à assumer ses prétentions de future reine. Elle tance les protagonistes de la cabale de Meudon (Vendôme, Mlle de Choin, le grand dauphin, le futur cardinal Alberoni, Campistron et le comte d’Évreux) ; elle fait taire les clabauderies des enfants légitimés et tente de contenir le duc du Maine et la bouillante descendante des Condé. Elle espère encore infléchir les décisions de son père lorsque ce dernier rejoint les potentats européens ligués contre Louis xiv dans le marchandage des États qui anime la guerre de Succession d’Espagne.

Au milieu des épreuves qui mettent l’Europe à feu et à sang, éclaboussent son honneur, anéantissent sa famille et sa piété filiale, la duchesse – selon les mots mêmes de son époux et en dépit de ses « enfances » – découvre « un esprit bien éloigné de ce qu’on appelle un esprit de femme ». Le couple en vient rapidement à incarner l’espoir de la nation et des coteries qui refusent de ployer plus longtemps sous l’absolutisme personnel de Louis xiv. Malgré l’exil de Fénelon et la discrétion du « clan des ducs », l’espérance sourd de la communication secrète des Tables de Chaulnes au dauphin. Les réformes qui semblent se dessiner à l’horizon d’une nouvelle politique monarchique redoreront le blason du duc au point d’attirer la sympathie bien sentie de Voltaire qui lui aurait encore décerné la célébrité quand bien même « il n’eût été qu’un simple particulier ». Le xviiie siècle, écrivit Saint-Simon, s’ouvrait pour la France, par « un comble de gloire et de prospérités inouïes » que catalysaient les jeunes époux. Quelques années plus tard, enterrer le duc de Bourgogne équivaudra pour le mémorialiste, à « enterrer la France ». L’« année des quatre dauphins » – selon le mot d’Olivier Chaline – s’achèvera dans les rumeurs d’empoisonnement et dans une débauche d’oraisons funèbres d’où percent les espoirs déçus et l’imaginaire collectif de la nation.

 

            Le colloque qui se tiendra à Bruxelles du 04 au 06 septembre 2013 entend combler les lacunes de l’historiographie contemporaine en levant le voile sur l’organisation du mécénat royal (opéra, musique, danse, littérature, architecture,…) qui anime la cour durant le séjour de Marie-Adélaïde. Il entend également étudier les réformes pédagogiques, explorer le contexte politique et social dans lequel est intervenue la duchesse de Bourgogne. Il envisagera, pour ce faire, un spectre large de sources, allant des œuvres littéraires et des manifestations artistiques aux recueils d’oraison et à l’éloquence sacrée, en passant par les égodocuments ou l’étude des relations épistolaires de la duchesse, par l’analyse circonstanciée et renouvelée des forces politiques en opposition. Le colloque réservera également une place à l’iconographie et à l’historiographie de la duchesse. Celle-ci s’est déclinée sous de multiples formes, depuis l’histoire anecdotique de Mme Dunoyer (Lettres historiques et galantes), les récits de Duclos, jusqu’à Olivier Chaline, en passant par les volumes du comte d’Haussonville, l’histoire de Michelet et l’historiographie romanesque d’Émile Magne.

 

Les interventions feront l’objet d’une publication au sein d’un numéro thématique de la revue scientifique internationale Études sur le xviiie siècle (2013, vol. 41). Cet ouvrage, à l’image du colloque, revêtira une dimension résolument interdisciplinaire, mêlant histoire, histoire littéraire, histoire de l’art, philosophie, théologie, histoire des idées pédagogiques,… Les textes des interventions et les illustrations qui les accompagneront devront être déposés à l’issue du colloque afin d’assurer la rapide publication du volume.

 

            Les propositions de textes sont à adresser à Fabrice Preyat (Chercheur Qualifié auprès du fnrs – Université Libre de Bruxelles) à l’adresse suivante : fpreyat@ulb.ac.be, avant le 15 avril 2013.

date de publication : 2013-03-29

INTERNATIONAL POETRY SEMINAR

The Organizers still have a few remaining slots available in their programme for the following International Poetry Seminar: Moving Back and Forth between Poetry as/and Translation: Nomadic Travels and Travails with Alice Notley and Pierre Joris (7-8 November 2013, Université Libre de Bruxelles).

 

Over the last forty years, the concepts of nomadism and rhizomatic writing have become ever more prominent in North-American verse. The different yet highly complementary trajectories of Alice Notley and Pierre Joris are two cases in point. In life, their nomadism made them journey in opposite directions via England—with Joris relocating from Europe to the USA after a detour through the Algerian desert, and Notley leaving behind the American desert of her youth for New York, and later on Paris. Likewise, the multi-layered textual roamings that inform their poetic travails also unfold along a pattern of intersecting and diverging routes. Yet, whether in dialogue with or counterpoint to one another, Notley and Joris both engage in a poetics of ongoing movement and challenging fluidity, in writing practices that repeatedly subvert the conventional borders of identity, belonging and representation. Whereas Joris openly vindicates this nomad poetics, its presence may remain more implicit in Notley’s output but is, however, no less real. Moreover, with their writing marked by a poetic hybridity that challenges the safe boundaries of nation, language and aesthetics, of gender and genre, history and myth, Notley and Joris also interrogate poetry as an actual form of cultural and experiential “ferrying-over,” as an act of translation that extends well beyond the mere faithful rendition of a would-be original. Notley’s rhizomatic imagination may have blossomed within one and the same language, whereas Joris’s has regularly involved circulation between different linguistic systems. Nonetheless, both cultivate a poetics of in-betweenness and transgression that revels in permanent re-creation and transposition of myth, medium and concept inside the very space of English. As practitioners of a personal, experimental poetics of disobedience whose nomadic remappings also expand our understanding of the very act of translation, Alice Notley and Pierre Joris are the two keynote speakers who, in both dialogue and counterpoint, will inspire the poetic travail of this two-day international seminar hosted by the Université Libre de Bruxelles (ULB) and its Department of Modern Languages and Literatures. Under the impetus of the Notley-Joris tandem, this two-day poetic laboratory will thus be a space of reflection a) upon how "nomadism" and its rhizomatic energies affect developments in contemporary poetry and poetic translation; and b) conversely, upon how different understandings of a “nomad poetics” may renew our approach to poetic production and translation across the ages, from the ancient epic up to Modernism and so-called Postmodernism. The Co-conveners, Franca Bellarsi and Peter Cockelbergh, welcome proposals addressing—but not necessarily limiting themselves to—the following issues: Whether a "nomad poetics" is explicitly or implicitly present in their work, who are the "nomad poets" of our time in the English language? To what extent, as in the case of Notley and Joris, can their poetics of disobedience and impurity be brought into dialogue and counterpoint? How does their work compare with the one of Notley and Joris? What are the non-Anglophone influences―both past and present―upon the contemporary forms of nomad and rhizomatic writing in English? How does the hybridity inherent in poetic nomadism and rhizomatic practice throw a different light on works in mixed or mixed-in languages and/or in mixed or mixed-in media? What light does a nomad poetics throw on the phenomenon of linguistic and cultural exile (whether the latter be chosen or enforced)? As an expression of restlessness and displacement, does nomad verse also question our conventional understanding of place and of its poetics? How do the works of Notley and Joris, for instance, renew our sense of the urban, of the desert, and of the aesthetics associated to such spaces? How do Notley and Joris's respective remappings of myth illuminate the possible intersections between a nomad poetics and the (de)construction of personal and social myth? How does poetic nomadism bear on both our expression and understanding of trans-cultural and trans-historical experience? Even further, can poetic nomadism and its rhizomatic trajectories offer pathways for rendering trans-species experience? Do nomadism and its poetics of hybridity also constitute a form of ecopoetics? What contributions might they make to the ongoing theorization of ecopoetics? In what ways does a nomad poetics and its hybrid remappings challenge the conventionally accepted boundaries of gender and genre? As an active poet, how have the concepts of nomadism and rhizomatic writing influenced your experimental practice? To what extent has the different yet complementary nomadism of Notley and Joris inspired you? As a translator of poetry, what new possibilities might Joris's concept of "nomadic translation" open up for you? How might Notley's re-creation and transposition of Sumerian myth into contemporary English enrich your practical understanding of your own craft? How does Notley's and Joris's respective interest in "impure translations" invite us to revise assessments of past translations of poetic works into English/from English into other languages? What can a nomad poetics and its hybridity contribute to our understanding and theorization of "metaphor" and "imagery"? How do nomadism and its enlarged experiential field tie in with a poetics of the ugly, the commonplace, and the daily ordinary and trivial? With its poetics of impurity and disobedience, how does nomad writing both challenge and renew expressions of the sacred and spiritual in poetry? If we subscribe to the belief that poetry is not just an expressive practice, but also an epistemological one and a form of knowing, how does poetic nomadism help us reconsider our epistemological models? The working language of the seminar will be English, and the various Anglophone poetic traditions will be taken as a starting point, but we highly encourage comparative work, bringing poetic practices in other languages into the debate and reflection.

 

Please send abstracts of 250-300 words and a short bio to Dr. Franca Bellarsi Dept. of Languages and Literatures Université Libre de Bruxelles fbellars@ulb.ac.be http://www.deepimagewritings.com/ulbpoetryseminar2013 Extended deadline for submission of abstracts: 22 April 2013.

date de publication : 2013-04-19

Colloque international

BARBARIC AND CIVILIZED

Polish and World Writersin an Intercultural Dialogue on Poetry

ULB 30/11/2012-01/12/2012

Télécharger le programme au format pdf >>>

date de publication : 2012-11-24

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