Portraits littéraires de la Belgique, Textyles, n° 56, sous la dir. de Laurence Brogniez & David Martens

9 janvier 2020

Portraiturer la Belgique ? En voilà une drôle d’idée… Bien des difficultés se présentent en effet à qui voudrait se lancer dans une telle entreprise.

Tout d’abord, on peut à juste titre se demander s’il vaut vraiment la peine de dresser le portrait d’un tel pays. Si petit, si atone, sans caractéristiques géographiques exceptionnelles, et dont telle chanson fameuse a vanté… la platitude. D’ailleurs, existe-t-il vraiment, ce petit pays ? Depuis sa création, on s’est à de multiples reprises posé la question. Et puis, à qui s’y risquerait, comment diable portraiturer un pays aussi compliqué et atypique que celui-là ? L’opération paraît semée de bien des embûches, notamment, parce que tant de « pays » (et de langues, comme on sait…) différent(e)s coexistent entre ces frontières pourtant étroites.

Alors ? En dépit de ces obstacles, nombreux sont les portraits de cette contrée, et celles et ceux qui se sont livrés à l’exercice, en particulier dans le domaine des lettres.

Sous différentes formes, le genre du portrait de pays a été, depuis l’apparition de la Belgique en 1830, largement investi par des éditeurs, écrivains et illustrateurs belges. Dans des œuvres parfois méconnues, souvent de commande, ils ont façonné au fil des décennies, et selon des contextes particuliers, une image de leur pays. Analysant de près des ouvrages fondateurs du XIXe  siècle jusqu’aux « mythologies » que lui ont consacré plusieurs auteurs ces dernières années, en passant par un Franz Hellens ou une Marie Gevers, les études réunies dans ce numéro plein de surprises témoignent de la vigueur avec laquelle le portrait de pays a été mobilisé pour tenter de cerner l’identité fuyante de ce lopin de terre pris en sandwich entre la Mer du Nord et les Ardennes.

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