Ouvrir l’album, Textyles n° 57, Sous la dir. de Denis Saint-Amand et David Vrydaghs
Actualités , Parution / 9 janvier 2020

Les albums pour la jeunesse ont longtemps été délaissés par la critique académique en vertu d’une hiérarchie arbitraire et d’une histoire de la littérature pensée comme catalogue de « grands auteurs » et de « grandes œuvres » sélectionnés sur la base de leur prétendue noblesse d’esprit. Le présent dossier se donne pour objectif d’« ouvrir l’album », c’est-à-dire d’inviter à une réflexion sur les modes de fonctionnement de cet objet singulier dans le domaine belge, et, par métonymie, sur les différents rouages de l’univers qui l’accueille, le diffuse et assure sa promotion. Sont ici rassemblées des contributions adoptant un regard sociologique (sur les trajectoires de certains acteurs du monde de la littérature pour la jeunesse en Belgique et sur leurs façons de se mouvoir dans ce milieu), herméneutique ou poéticien (proposant des lectures et interprétations des discours et des formes qui se déploient dans l’album pour la jeunesse), voire plus directement pédagogique (envisageant alors des pistes pour lire l’album en classe). Cette livraison part à la rencontre de plusieurs figures majeures de la littérature pour la jeunesse en Belgique, d’Élisabeth Ivanovsky à Gabrielle Vincent, en passant par Anne Brouillard et Benoît Jacques. On y mesure les procédés exploités par Philippe Geluck pour destiner à un…

Portraits littéraires de la Belgique, Textyles, n° 56, sous la dir. de Laurence Brogniez & David Martens
Actualités , Parution , Publication / 9 janvier 2020

Portraiturer la Belgique ? En voilà une drôle d’idée… Bien des difficultés se présentent en effet à qui voudrait se lancer dans une telle entreprise. Tout d’abord, on peut à juste titre se demander s’il vaut vraiment la peine de dresser le portrait d’un tel pays. Si petit, si atone, sans caractéristiques géographiques exceptionnelles, et dont telle chanson fameuse a vanté… la platitude. D’ailleurs, existe-t-il vraiment, ce petit pays ? Depuis sa création, on s’est à de multiples reprises posé la question. Et puis, à qui s’y risquerait, comment diable portraiturer un pays aussi compliqué et atypique que celui-là ? L’opération paraît semée de bien des embûches, notamment, parce que tant de « pays » (et de langues, comme on sait…) différent(e)s coexistent entre ces frontières pourtant étroites. Alors ? En dépit de ces obstacles, nombreux sont les portraits de cette contrée, et celles et ceux qui se sont livrés à l’exercice, en particulier dans le domaine des lettres. Sous différentes formes, le genre du portrait de pays a été, depuis l’apparition de la Belgique en 1830, largement investi par des éditeurs, écrivains et illustrateurs belges. Dans des œuvres parfois méconnues, souvent de commande, ils ont façonné au fil des décennies, et selon des contextes particuliers,…

Parution : Abécédaire d’un cœur rebelle de Dorota Walczak
Actualités , Parution , Publication / 7 février 2019

Un ouvrage sans reliure, composé de deux cahiers juxtaposés. Leur numérotation n’est pas de chiffres mais bien de lettres, s’autorisant d’ailleurs quelques licences alphabétiques (après le c, pas de d d’emblée, mais un ch, et puis des oi et ou avant le p, bien entendu). La composition des pages au blanc crémeux est identique : une illustration, un titre-mot(s), un texte. Voici l’objet contenu dans l’écrin portant le nom d’Abécédaire d’un cœur rebelle. Dorota Walczak a choisi d’y explorer le français – qui n’est pas la langue ayant maternellement modulé ses organes phonateurs et sa vision du monde – d’une manière graphique et sonore. Un petit dessin, au trait noir et épais, réalisé avec une branche de groseillier, chapeaute chaque poème. C’est le corps d’une femme, avec ou sans accessoires (vestimentaires ou autres), qui prend la pose, esquisse de la lettre. « Ô gracilité galbée ! Ô mes gobelets ! Gobelets garnis des motifs galants ou naïfs : gazelles, gazon, grenouilles, gondoles. » Une fois cette dernière profondément inscrite dans le papier vien(nen)t le(s) mot(s). « Bien-bien », « hallucine », « Hou ! La moule immorale » et autres « zeppelins », eux-mêmes suivis d’une composition langagière originale, ne respectant que les codes personnels de l’auteure et une focalisation intense sur la musique des…