Séminaire : Home: Heaven and Hell: La persistance lumineuse des ténèbres

27 mars 2018

Présentation du séminaire :

Centré sur le thème de home et ses multiples significations et dimensions, le Séminaire Home: Heaven and Hell. La persistance lumineuse des ténèbres, conçu et organisé par Rosanna Gangemi et Dag Houdmont et produit par le Centre de recherche Philixte (Université libre de Bruxelles), propose une réflexion sur les littératures modernes et contemporaines européennes, et notamment sur les récits (auto-)biographiques, qui problématisent la relation du sujet aux espaces familiers d’origine.

Décliné en trois séances, le séminaire se développera autour des multiples visages et des frontières poreuses de home, dans le sens de foyer originaire, de « chez soi » primordial, en termes d’espace psychique et physique à la fois. Lieu intime fondateur et garant de l’identité, port de départ ou d’attache, home est le berceau nourrissant et le nid étouffant, ou encore le refuge et le huis clos, l’ancrage et la fuite.

Des chercheuses et des chercheurs provenant du monde entier contribueront avec leurs exposés en français et en anglais à creuser ce concept passionnant.

The Research Centre Philixte (Université libre de Bruxelles) welcomes Home: Heaven and Hell. La persistence lumineuse des ténèbres, a cycle of three Seminar sessions conceived and organised by Rosanna Gangemi and Dag Houdmont, centred on the notion of home, and featuring lectures in French and English from early and senior researchers from all over the world.
The Seminar proposes an in-depth reflection on the boundaries of
home, and how it is represented in modern and contemporary European literature, more specifically in (auto-) biographical fiction problematizing the relation between subject and its spaces of origin.

The Seminar will deal with the multiple dimensions, and the fickle and porous borders of home, seen as the origins’ setting, both in a mental and physical sense. As a founding intimate space and guarantor of identity, port of departure or port of call, home can be a nourishing cradle and a suffocating nest, the shelter of the “huis clos”, the anchorage or the flight.


Première séance du séminaire « Home: Heaven and Hell » : le 23 mars 2018 sous le thème « La persistance lumineuse des ténèbres »

De 12h à 16h à la Maison des Arts de l’ULB

avenue Jeanne, 56 – 1050 Bruxelles

Programme 23/03/2018 :

11.30 Accueil (thé taïwanais servi par MIST)

12.00 Mots d’ouverture Rosanna Gangemi et Dag Houdmont

12.30 Micaela Latini (Università dell’Insubria)
Jean Améry and the uncanny home

13.15 Chantal Dhennin-Lalart (Université du Littorale Côte d’Opale)
Le foyer retrouvé des réfugiés de la GG

14.00 Emilie Piat (Université libre de Bruxelles)
Du cauchemar au spectacle : réappropriation parodique de l’espace domestique dans la poésie féminine britannique contemporaine

Discussion générale et conclusions
(Home made) Collation


Micaela Latini (Università dell’Insubria)
Jean Améry and the uncanny home

The aim of the contribution is an analysis of the concept of “homeland/home” in the literary work of Jean Améry (pseud. of Hans Mayer, 1912-1978), the Austrian writer refuged in Belgium who survived the concentration camps and the tortures, as his texts seem to exemplify one of the most interesting reflections about the concept of the “Uncanny”.

The contribution will move from Wieviel Heimat braucht der Mensch / How much home does one need? (1966). At the core of this short but intensive writing of Améry, is the topic of losing the “homeland /Heimat”, for those – the exiled during the Nazism – whom the native land configured itself as an “enemy land” and the mother’s language as a “scoundrel language”.

Chantal Dhennin-Lalart (Université du Littoral Côte d’Opale)
Le foyer retrouvé des réfugiés de la GG

Le fardeau des jours de Léon Bocquet (Paris, Albin Michel, 1924) est un des romans parmi les plus vendus et édités durant la sortie de la Grande Guerre en France. Les raisons de son succès sont multiples : un auteur reconnu dans le milieu littéraire parisien, un récit régionaliste original et enfin un sujet d’actualité, le retour des évacués du Nord. Cet aspect est le plus marquant : l’aspiration au chez soi vu comme une perspective d’éden devient un tel désastre que la maison familiale est désormais synonyme d’enfer.

Emilie Piat (Université libre de Bruxelles)
Du cauchemar au spectacle : réappropriation parodique de l’espace domestique dans la poésie féminine britannique contemporaine

Si l’espace du foyer occupe une position ambiguë dans la poésie féminine, traditionnellement partagée entre contraintes domestiques et aspirations artistiques, les femmes qui écrivent au XXème et au XXIème siècles exploitent volontiers cette opposition sur un mode parodique. Poussant jusqu’à l’absurde la représentation paradoxale d’un « chez soi » où se mêlent noirceur et grotesque, elles transforment la vision cauchemardesque d’un univers aussi clos qu’étouffant en véritable performance.


Deuxième séance du séminaire « Home: Heaven and Hell » : le 24 mars 2018 sous le thème « La persistance lumineuse des ténèbres »

De 12h à 16h à la Maison des Arts de l’ULB

avenue Jeanne, 56 – 1050 Bruxelles

Programme 24/03/2018 :

12.00 Mots d’ouverture Dag Houdmont

12.30 Barbara Kalla (Uniwersytet Wrocławski)
The House as a Metaphorical Concept in Dutch-language Poetry

13.15 Dorota Walczak (Université libre de Bruxelles)
Adam Ważyk et sa “maison pour les Adultes”

14.00 Ester Saletta (Università di Bergamo)
Home as a place of Estrangement in the Novels of the Austrian Authoress Marlen Haushofer

14.40 Justine Feyereisen (Université libre de Bruxelles)
Îles de violence

15.10 Mohamed Saki (Université de Bretagne Occidentale)
Homing desire et poétique du foyer chez Abdelatif Laâbi

Discussion générale et conclusions
(Home made) Goûter et des bulles


Barbara Kalla (Uniwersytet Wrocławski)

The House as a Metaphorical Concept in Dutch-language Poetry

The lecture will explore the images of the house in postwar Dutch-language poetry. On one hand, the archetypical notion of the house has always held a special place in poetry. It is connected with the meaning of the house as a building, but even more so as an imaginary house or a home. On the other hand, the house is a rich metaphorical concept that is often used for expressing poetical ideas. In a historical survey of modern Dutch-language poetry, various images of the house will be presented. The choice of certain metaphorical concepts is connected to the literary and extra-literary contexts, and to the poetical ideas of poets. Conceptual integration, the Blending Theory, will be used as a theoretical frame.

Dorota Walczak (Université libre de Bruxelles)

Adam Ważyk et sa “maison pour les Adultes” 

Adam Ważyk (1905-1982) traverse les époques littéraires et les périodes historiques d’une rare densité. Avant-gardiste et communiste, dénonciateur et dénoncé, il dialogue dans son œuvre Poème pour les adultes avec la tradition d’imagerie littéraire liée au concept de la maison-patrie-refuge-foyer-prison et aux szklane domy, « les maisons en verre ». Ważyk règle ses comptes avec le pouvoir autrefois adulé ; il revendique la nouvelle cohabitation dans une société nouvelle.

 

Ester Saletta (Università di Bergamo)

Home as a place of Estrangement in the Novels of the Austrian Authoress Marlen Haushofer

We are used to associate “estrangement” with “solitude”, intended as a passive isolation or a state of abandonment. But its ancient meaning coincides more with a personal freely chosen decision of looking for a “home place” to live in. That’s why estrangement becomes the search of a personal “home refuge” from the boredom of every-day life. Marlen Haushofer’s female characters symbolize this search of home as a place for independence from male oppression. They experience their freedom by escaping from reality and by refuging themselves into a safe “shelter home place”, which can be both abstract and concrete like a door in the wall-paper or a small attic upstairs the main flat.

Justine Feyereisen (Université libre de Bruxelles)

Îles de violence

Ève de ses décombres (2006) d’A. Devi et Tropique de la violence (2016) de N. Appanah dépeignent des îles à la beauté paradisiaque qui se révèlent de véritables poudrières pour une jeunesse clandestine livrée à elle-même. Descendants de la traite, réfugiés des cyclones, les enfants terribles de Maurice et de Mayotte sont les dépositaires d’une Histoire marquée par la violence. Cette brutalité, leur terre les y confronte quotidiennement dans une relation tiraillée entre haine dévorante et amour inconditionnel. Ces états affectifs seraient-ils induits et légitimés par les lieux où ces adolescents se réfugient ?

Mohamed Saki (Université de Bretagne Occidentale)

Homing desire et poétique du foyer chez Abdelatif Laâbi

Dans cette communication sera présentée la conceptualisation poétique du foyer et d’un chez soi dans l’œuvre poétique du poète marocain d’expression française, Abdelatif Laâbi. L’exploration de cette conceptualisation se fera à l’aide de la notion de homing desire ; le poète reproblématise la notion de home à partir d’un double refus : le refus de se définir avec des termes qui le fixent dans un espace géographique déterminé et le refus d’une identité « déracinée ». De plus, un lieu géographiquement déterminé, le foyer chez Laâbi, est un état existentiel, où une subjectivité interstitielle plante ses racines, tel un arbre voyageur, là où la terre est fertile.


Troisième séance du séminaire « Home: Heaven and Hell » : le 15 mai 2018 sous le thème « La persistance lumineuse des ténèbres »

De 12h à 16h à la Maison des Arts de l’ULB

avenue Jeanne, 56 – 1050 Bruxelles

En collaboration avec STRIGES Structure de recherche interdisciplinaire sur le genre (MSH – ULB)

Programme 15/05/2018 :

12.00 Mots d’ouverture Rosanna Gangemi

12.30 Paola Del Zoppo (Università LUMSA di Roma)
Houses, homes, dwellings and furnishings as definition of self, social critique and role subversions in German Literature 1900

13.10 Anna Federici (Université de Toulouse Le Mirail)
Les maisons de la migration. Une étude du topos de la maison chez les écrivaines italiennes originaires des Balkans

13.40 Cui Enhao (Université libre de Bruxelles)
“My Little Empire” of Old Age: Revalorizing Home Ownership in Margaret Drabbles’ The Seven Sisters

14.10 Hyein Lee (Université Paris 8)
No home? No home! : Chantal Akerman, au-delà de l’emmurement

14.40 Leila Ghalehtaki (Université Shahid Chamran d’Ahvaz)
La symbolique de la maison dans la poésie mystique persane : le cas de Rûmi

Discussion générale et conclusions

Cocktail de clôture


Paola Del Zoppo (Università LUMSA di Roma)

Houses, homes, dwellings and furnishings as definition of self, social critique and role subversions in German Literature 1900

Margarete Böhme’s Diary of a Lost Woman, Helene Böhlau’s Halbtier, Johanna Wolff’s Die Totengraeberin, Ilse Frapan’s Wir Frauen haben kein Vaterland, Leonhard Franks’ The Man is Good, Dreams’ Companions and Deutsche Novelle, are significant examples of the spatial symbolism of homes, of garden homes and of tomb as “last dwellings”. Connecting it to a geography of social critique and political positioning regarding social roles, we can enlighten key intersections between domestic ideology and society.

 

Anna Federici (Université de Toulouse Le Mirail)

Les maisons de la migration. Une étude du topos de la maison chez les écrivaines italiennes originaires des Balkans

La maison et ses espaces sont un thème récurrent dans les romans italiens des écrivaines issues de la migration balkanique. Les maisons les plus représentées dans ce corpus sont au nombre de trois : la maison natale, et notamment l’espace protégé et clos du jardin ; la première maison habitée une fois atteinte la terre d’accueil, lieu de métabolisme des traumatismes qui ont précédé la migration et de transformation identitaire ; la « maison définitive », où la femme désormais « adulte » va trouver une place idéale pour s’épanouir en tant qu’écrivaine.

 

Cui Enhao (Université libre de Bruxelles)

“My Little Empire” of Old Age: Revalorizing Home Ownership in Margaret Drabbles’ The Seven Sisters

In British writer Margaret Drabble’s novel The Seven Sisters (2002), she sets out to probe into the correlation between home ownership and the refashioning of identity formation in old age. Instead of viewing home as a venue reserved for aged women’s confinement, repression and mental instability, Drabble proposes when a woman of age lays her name to the domestic space, she gains access into a series of attributes that affords more power and autonomy to their late adulthood life. Shunning her unaffectionate and adulterous husband, a “home of one’s own” turns out to be the place when the heroine Candida Wilson reforms her identity which is constantly hampered and nullified during her desperate housewife days. In addition, home is further rendered into a place of anchorage for social integration and civil participation which often evades old age.

 

Hyein Lee (Université Paris 8)

No home? No home! : Chantal Akerman, au-delà de l’emmurement

Le monde cinématographique de Chantal Akerman commence et se termine par la question du (no) home. Depuis son premier court métrage, Saute ma ville, dans lequel elle joue une jeune fille qui fait exploser son appartement, jusqu’à son dernier documentaire portant sur la fin de la vie de sa mère, No Home Movie, passant par d’autres ouvrages, elle introduit les personnages affectés par la privation de « chez soi ». « No home » ne pourrait-il pas se lire comme une revendication existentielle de « I don’t belong anywhere » ? Au lieu de bâtir un foyer solide et de s’y enfermer, certains personnages akermaniens détraquent le monde familial. En se concentrant sur les figures de mère et fille, l’exposé va questionner la survivance des choses non-dites au sein du foyer, tout en considérant le penchant autobiographique de la réalisatrice, ainsi que le rôle et l’enjeu de l’art.

 

Leila Ghalehtaki (Université Shahid Chamran d’Ahvaz)

La symbolique de la maison dans la poésie mystique persane : le cas de Rûmi

Le but de cette communication est de démontrer comment la symbolique de la maison apparaît dans la poésie mystique persane du Moyen Âge, à travers l’étude de la poésie de Rûmi. Basée sur l’amour pour l’Aimé divin, cette poésie démontre comment les dimensions temporelle et spatiale de la vie humaine se transforment suivant la Séparation ou l’Union mystiques. Dans un autre sens, dans l’univers mystique de Rûmi, l’espace et le temps sont soumis aux changements d’état d’esprit de l’amant mystique. Ainsi, en tant qu’un espace terrestre, la maison revêt les caractères psychologiques du mystique séparé de son Aimé ou uni à Celui-ci ; elle se transforme en un espace imaginaire: limité et étouffant lors de la Séparation, illimité et totale, et même transformé en Trône de l’Aimé lors de l’Union.


Idée et coordination Rosanna Gangemi & Dag Houdmont
Sous la responsabilité académique de Dorota Walczak

Accès libre – prière de bien vouloir réserver vos places pour chaque séance :
Rosanna.Gangemi@ulb.ac.be | Dag.Houdmont@ulb.ac.be

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